Trophées Apajh : «Montrer l'exemple»
A l’occasion de la remise, lundi 9 juin à l'Hôtel de ville, des trophées Apajh 2008, question à Fernand Tournan, président de la fédération Apajh.
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L’Apajh (anciennement Association d’aide et de placement pour adolescent handicapés) a été créée en 1962 par des enseignants, en réaction à l’absence de services de placement et à la carence de l’Education nationale dans l’accueil des jeunes handicapés. Aujourd’hui, la fédération Apajh est à la fois une association qui représente les personnes handicapées et une association fortement gestionnaire d'établissements, de structures et de services.
La fédération Apajh regroupe 87 associations départementales et 25 000 adhérents. Elle accompagne 25 000 personnes en situation de handicap grâce à son réseau de 600 établissements et services, gérés soit directement par la Fédération, soit par les associations départementales.
Que récompensent les trophées Apajh ?
Il peut s’agir d’initiatives, de projets ou de réalisations qui, selon nous, ont valeur d’exemple. Nous distinguons trois catégories : le droit à l'école et à la culture, l’insertion professionnelle et l'accessibilité de la ville. Plus un trophée d’honneur, qui ira cette année à l’université Laval de Québec (Canada). Les nominations seront annoncées à la mi-journée à l’Hôtel de Ville puis les trophées attribués le soir, lors d’une soirée festive au palais des Congrès, présentée par Marie Drucker en présence d’artistes tels que Bernard Lavilliers, Jenifer ou Linda Lemay.
Que récompensez-vous dans le cas de l’université de Québec ?
C’est l’aspect universel de l’accessibilité sur le campus : les chambres, les transports, les livres, les moyens de communication, un guide de l’accessibilité mis à jour chaque année… C’est un exemple très parlant. D’une manière générale, le Canada et les pays anglo-saxons sont beaucoup plus avancés que la France, qui enregistrait en septembre dernier tout juste 9 000 étudiants en situation de handicap, ce qui reste trop peu.
Pouvez-vous nous parler du palmarès 2008 ?
Sans le dévoiler, nous avons eu deux cas qui montrent qu’il est possible de développer l’accessibilité pour peu qu’on réfléchisse à des moyens adaptés. Une commune du nord de la région parisienne qui, en matière d’intégration scolaire, nous prouve que quelque soit le contexte social, on peut avoir un souci d’accompagnement des personnes handicapées et de leurs familles. En matière d’accessibilité de la ville, une commune de l’Est, qui a entrepris dès les années 1970 de s’adapter, voit aujourd’hui ses efforts aboutir. De ce point de vue, nous bénéficions avec la Ville de Paris d’une écoute réelle, attentive et d’un soutien. Certes il est plus difficile d’y créer, à cause du foncier, mais il y a du répondant, un souci réel de l’accessibilité, de l’accompagnement aussi.
La Conférence nationale du handicap se tient le lendemain des trophées, quels thèmes y développerez-vous ?
Il y en a deux. D’une part, nous souhaitons, avec d’autres associations, faire pression afin qu’augmente le revenu de remplacement des personnes qui ne peuvent pas travailler, c’est-à-dire sortir du registre de l’aide sociale pour passer au droit ; obtenir un minimum équivalent au Smic, quitte à parler de la fiscalisation de ce revenu. Le second sujet concerne le cinquième risque que doit prendre en charge la protection sociale : la dépendance. Cela signifie conforter la politique de droit pour les personnes en situation de handicap et l’étendre aux personnes âgées. La dépendance est un enjeu de solidarité majeur aujourd’hui, il ne faut négliger aucune piste, y compris le financement par la CSG.