Conférence nationale du handicap : les demandes de l'Unapei

Publié le par octapeh

Depuis près de 50 ans l’Unapei et les associations qu’elle regroupe agissent pour permettre aux personnes handicapées mentales de vivre dignement avec et parmi les autres. Or, même si des avancées ont été obtenues, leur situation quotidienne, et celles de leurs familles, reste trop souvent proche de l’exclusion ou du déni de citoyenneté. Cette différence que constitue le handicap mental fait encore détourner le regard de notre société sur ces personnes qui nécessitent pourtant une attention particulière. Bilan d’étape, la conférence nationale du handicap doit être l’occasion de lancer une nouvelle politique en faveur des personnes handicapées mentales et de leurs familles afin qu’elles puissent pleinement accéder à la vie de la cité.

 

Elle doit viser les objectifs suivants :

  • Un droit à l’éducation et à la scolarisation pleinement effectif dès le plus jeune âge. Actuellement ce droit fondamental reconnu pour tous les citoyens est bafoué pour les enfants déficients intellectuels. L’Unapei, depuis 5 ans, soutient des actions en justice menées par des familles dont l’enfant handicapé a été privé de solution éducative faute de places disponibles. Le Conseil d’Etat devra se prononcer afin que la justice soit respectée par tous et partout.
  • Permettre à toute personne handicapée de bénéficier d’une solution d’accompagnement adaptée quel que soit son âge. L’Unapei attend de l’Etat mais également des départements, un plan ambitieux de création de places en établissement.
  • Insérer les personnes handicapées mentales dans le milieu ordinaire de travail. Cela suppose au préalable une véritable mobilisation de l’ensemble des acteurs de l’insertion (ANPE, Cap emploi, AGEFIPH, FIFPH) en direction des personnes handicapées mentales ainsi que le développement de structures chargées de les accompagner durablement dans l’emploi (services d’insertion).
  • Revaloriser au niveau du SMIC le niveau des ressources des personnes handicapées pour leur permettre de vivre dignement en particulier celles qui ne peuvent pas ou plus travailler.
  • Mettre définitivement fin à la barrière des âges. Actuellement, la politique du handicap nie le fait qu’une personne handicapée, au-delà de 60 ans, demeure handicapée qu’il s’agisse de la question des ressources où des structures d’accueil.  Or, le handicap ne prend pas sa retraite et les besoins particuliers de ces personnes s’accentuent avec l’avancée en âge, d’autant plus lorsque la solidarité familiale diminue ou disparaît. La loi du 11 février 2005 portait en partie cette ambition mais le gouvernement refuse de prendre les dispositions règlementaires. Le Conseil d’Etat, saisi par l’Unapei devrait prochainement être amené à condamner l’Etat pour défaut de publication d’un décret d’application. La création du 5ème risque de protection sociale devra prendre en compte le particularisme de la dépendance liée au handicap.

Nous attendons que les responsables politiques considèrent la politique pour les personnes handicapées mentales comme réellement prioritaire. Elles ne peuvent plus être mises au ban de la société, mais doivent enfin accéder à une pleine et entière citoyenneté qui tienne compte de leurs handicaps et de leurs besoins.

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