Un modèle social à l'épreuve Malgré une image persistante de prospérité, l’Alsace n’est plus épargnée aujourd’hui par la montée de la pauvreté. De plus en plus de mères seules vivent dans la précarité. Une « nouvelle tendance » qui touche l’Alsace comme le reste de la France et se dégage du rapport publié il y a deux mois par le Secours catholique. Difficile pour ces femmes de jongler entre les responsabilités familiales et le maintien d'un niveau de vie décent. Même si le taux de chômage reste un des plus faibles de France, son augmentation (+21,1%) en 2002 est bien supérieure à la moyenne nationale (+4,8%). Même schéma pour les bas revenus. Salariés précaires, CDD ou intérim viennent s’ajouter aux quelque 18 000 bénéficiaires du RMI. Autre indice alarmant, la hausse significative des cas de surendettement qui ont plus que triplé en l’espace d’une dizaine d’années. Autant de facteurs qui mettent en péril le modèle social alsacien. Un système qui a pourtant connu son heure de gloire et qui a longtemps fait figure d’exception. Aujourd’hui, l’aide sociale locale accuse le coup de la crise économique amorcée en 2001. Plus que jamais, travailleurs sociaux et associations caritatives sont sollicités. Pour les plus démunis, trouver un logement, se procurer nourriture et vêtements ou même se soigner est un véritable casse-tête. Avec la pauvreté, c’est aussi la solitude que Sonia, Cyril, Lamria, Frédéric et les autres peinent à briser. | | | |
| | Anne-Elizabeth Chanal-Raffier | | | | | Repères | En France, la mesure de la pauvreté s’effectue principalement à l’aide de trois indicateurs calculés par l’INSEE. Le seuil de pauvreté correspond au revenu médian de la population. En 2002, il s’élèvait à 535 euros pour une personne seule, 800 euros pour un couple sans enfant et 1 125 euros pour un couple avec deux enfants. En France, 5,5 millions de personnes vivent en dessous de ce seuil. La pauvreté des conditions de vie est calculée en fonction des contraintes budgétaires, des restrictions de consommation, des retards de paiement ainsi que des difficultés de logement. D’après ces critères, on estime que 11,5% des ménages étaient concernés en 2001. La pauvreté dite “administrative” rassemble les bénéficiaires des minima sociaux (3 millions de personnes en 2000) : .le revenu minimum d’insertion (RMI), l’allocation de solidarité spécifique (ASS), le minimum vieillesse, le minimum invalidité, l’allocation pour adulte handicapé (AAH), l’allocation de parent isolé (API), l’allocation d’assurance veuvage (AAV) et l’allocation d’insertion (AI). Le RMI s’élève en 2003 à 411,70 euros par mois. Au 1er janvier 2003 l’Alsace comptait 18 000 allocataires du Rmi. Le Smic est de 1090,48 euros brut par mois. | |