Un label Diversité pour lutter contre la discrimination dans les entreprises
Après la déclaration de principe, les actes. Quatre ans après le lancement de la Charte de la diversité, les entreprises vont pouvoir désormais, avec le label Diversité, mesurer les efforts qu'elles ont effectivement accomplis.
Initié, sous l'égide de l'Etat, par l'Association nationale des directeurs de ressources humaines (ANDRH), ce label, lancé jeudi 11 septembre, n'est pas une simple distinction. S'appliquant à tous les domaines de la diversité (origine, âge, handicap, orientations sexuelles, opinions politiques, religieuses, syndicales...), il se veut un cadre d'action.
"L'objectif est de sortir des discours creux et bien pensants, et d'entraîner une véritable dynamique dans l'entreprise, d'en faire un vrai thème de travail. Le fait de discuter et de signer un accord avec les partenaires sociaux porte l'entreprise à prendre des engagements", relève l'instigateur de l'idée, Pascal Bernard, DRH d'Eau de Paris et président de la commission diversité à l'ANDRH. Ce label, insiste-t-il, est accessible à toutes les entreprises (grandes, petites, publiques, privées, associations...), les exigences du cahier des charges étant adaptable à la taille et à la nature de chacune.
Quelque quatre cents entreprises sont d'ores et déjà sur les rangs pour obtenir le label. "Au-delà de la reconnaissance, nous avons besoin de progrès, d'évaluation, pour aller plus loin et ancrer notre politique", reconnaît Jean-Luc Vergne, DRH de PSA Peugeot-Citroën, entreprise déjà bien engagée dans la lutte contre les discriminations.
Reste la question de l'évaluation des résultats. "Mesurer les progrès sur tous les champs, y compris sur celui de la diversité des origines, est indispensable", relève M. Bernard qui, face à la polémique que suscite cette question, appelle à une réflexion ouverte et dépassionnée avec tous les intéressés (syndicats, patronat, experts, élus) pour trouver "rapidement" une solution concertée.