Emploi : et si le handicap n'était plus un obstacle ?
Dans le cadre de la semaine pour l'emploi des personnes handicapées, zoom sur l'entreprise Aide au logis, qui participe à l'opération.
« Je suis femme de ménage mais aujourd'hui, je n'exerce plus que 3 h par jour. Le reste, c'est la part d'invalidité qui correspond à 258 € par mois, précise Sylvie. Je touche 388 € pour mes heures de ménage. Avant j'étais aux 35 heures Même si je suis seule désormais car mes enfants sont indépendants, ça ne me suffit pas. Je cherche à travailler deux à trois heures de plus par jour. Mais c'est très difficile. J'ai frappé à différentes portes. Je ne trouve pas. C'est peut-être mon âge qui cloche ? Ou mon handicap qui effraie car les entreprises ont peut-être peur que je sois trop souvent en arrêt de travail ? » Sylvie compte sur cette journée d'aujourd'hui pour lui remettre le pied à l'étrier.
Une embauche à la clé
Delphine Lechevalier et Virginie Lecrosnier, gérantes d'Aide au logis, n'en sont pas à leur galop d'essai. « Nous employons déjà trois personnes à mobilité réduite, en lien avec Cap Emploi (1). C'est tout naturellement que l'organisme nous a proposé de participer à cette initiative. Sylvie Filliatre va découvrir l'activité de repassage et celle de garde d'enfants. Si évidemment l'échange se passe bien, le contact pourra se traduire par une embauche. D'autant plus que nous sommes à la recherche de personnels. » Si Sylvie est recrutée, Aide au logis recevra une aide à l'embauche de 1 600 € de l'Agefiph, un organisme chargé de développer l'emploi des personnes handicapées dans les entreprises, puis entre 3 000 et 6 000 € (variable selon la durée hebdomadaire de travail) versées en deux fois sur un an. Le travailleur handicapé perçoit, lui, 800 € de prime à l'insertion.
« Ce sont souvent des personnes qui ont eu des emplois stables, parfois avec des responsabilités. Un accident ou une maladie les a mis en invalidité. Leur parcours fait que ce sont toujours des personnes très motivées et organisées. Souvent, les entreprises craignent les arrêts maladie à répétition. Il y a des personnes bien portantes qui abusent des arrêts maladie. Pas elles. »
Sabrina ROUILLÉ.
(1) Cap Emploi remplit une mission de service public de placement des personnes handicapées en milieu ordinaire de travail. Sa mission est de favoriser l'accès de ces personnes à un emploi durable par la mise en place et le suivi d'un parcours d'insertion.