Est:LES RDV DE L'EDUC / « L'accompagnement du handicap est une priorité »

Publié le par octapeh

Depuis 1995, le Département développe peu à peu les unités pédagogiques d'intégration (UPI) dans les établissements. Ces dispositifs visent à favoriser la scolarité des élèves souffrant de troubles importants des fonctions cognitives...

Assises à leur bureau, Noémie, Victoria et Aurélie écoutent avec attention les consignes de leur professeur Michael Chaudieu. À vue de nez, rien ne les différencie de leurs petits camarades du lycée des Lombards. Et pourtant, les jeunes filles bénéficient d'un traitement particulier. Si elles travaillent en petit groupe, ce n'est pas parce qu'elles ont été punies mais simplement parce qu'elles ont intégré, depuis la rentrée scolaire, l'unité pédagogique d'intégration (UPI) de l'établissement, le seul lycée dans l'Aube à accueillir ce type de dispositif.



Ouvertes dès 1995 en collège et seulement depuis trois ans aux Lombards, les UPI, coordonnées par des enseignants spécialisés et accompagnés d'une auxiliaire de vie scolaire, jouent un rôle essentiel. Elles favorisent la continuité des parcours personnalisés de scolarisation des élèves présentant des troubles importants des fonctions cognitives ou des déficiences sensorielles et motrices. « Il faut prendre en compte le profil de chacun et adapter les réponses, car les besoins ne sont pas les mêmes », confie Michael Chaudieu, coordinateur et professeur au sein de l'UPI.



La conquête de l'autonomie




Si leur implantation a été privilégiée dans les collèges afin de remédier urgemment aux ruptures de parcours scolaires, elle est actuellement favorisée dans les lycées. « Le but, à terme, est d'offrir aux élèves la possibilité de suivre une formation supérieure dans le cadre d'un CAP au sein de notre établissement ou à Gabriel-Voisin et Édouard-Herriot, puis de les intégrer dans la vie active », glissent Michel Oblinger, le proviseur, et Lydie Gyselinck, proviseur adjoint du lycée professionnel.



Depuis 2006, les Lombards ont constitué une équipe pédagogique de choc pour aider ces jeunes - au nombre de dix répartis sur trois niveaux - à mener à bien, et jusqu'au bout, leur projet personnalisé de scolarisation, adapté à leur handicap, sur un cycle de trois ans. « La première année consiste à repérer les capacités de chacun tant en enseignement général que professionnel. C'est une passerelle où ils trouvent le prolongement des apprentissages consacrés au collège. On les sensibilise à toutes les formations au cours d'ateliers. Ils ont trois stages pour déterminer quelle orientation choisir et les préparer à l'alternance et l'immersion en classe de CAP. À l'issue de cette année, ils sont scolarisés dans l'un des trois établissements partenaires en fonction du CAP choisi », explique-t-il.



Certification et insertion




Peinture, fleuriste, menuiserie, gros œuvre, couture, restauration ou encore carrosserie sont des matières à part entière au même titre que les maths et le français. Au-delà des enseignements fondamentaux, à hauteur de 25 h par semaine, l'équipe pédagogique tâche de leur donner une autonomie dans le travail et dans leur vie sociale. « C'est une conquête pour ces jeunes. Comme ils sont amenés à se rendre sur trois sites, on leur apprend à utiliser les transports en commun. Si les familles paniquent à l'idée de les voir prendre le bus seuls, une fois le défi relevé, c'est une fierté. Ça les aide à grandir et à s'adapter ». Et c'est bien dans l'adaptation que réside tout l'enjeu. « Il n'est pas question de baisser le niveau d'exigence

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d'un CAP mais de le mettre à leur portée par tous les moyens », précise Serge Clément, l'inspecteur d'académie.



« L'accompagnement du handicap est une priorité. De gros efforts en matière de formation pour rendre les enseignants capables de les accueillir ont été faits. L'objectif reste l'obtention du CAP, puis l'insertion professionnelle ». C'est dans cette optique que les équipes travaillent depuis deux ans sur un passage de témoin entre les UPI et les PDITH (programme d'insertion des travailleurs handicapés).



Si, pour l'heure, aucun bilan n'a pu être tiré dans les UPI lycées - les premiers CAP ne seront délivrés qu'en juin 2009 -, Serge Clément envisage d'ouvrir à la rentrée 2009 une autre structure dans le département, dans un souci d'équilibre territorial. « On essaie d'adapter l'offre à la demande au profit des enfants. On est monté en puissance. On a presque multiplié par deux le nombre d'UPI. D'ici à 2010, il est prévu d'atteindre la barre des 2 000 sur le plan national. Nous sommes dans les temps au niveau départemental ».









 Les unités pédagogiques d'intégration en quelques chiffres

8 : c'est le nombre d'UPI que compte l'Aube dont 7 en collège (1 à Bar-sur-Seine, 1 à Bar-sur-Aube, 1 à Romilly et 4 à Troyes et dans l'agglomération dont la dernière a ouvert au collège Eurêka à Pont-Sainte-Marie.) et 1 en lycée, aux Lombards, qui accueille 10 élèves.
 

65 : c'est le nombre d'élèves aubois accueillis en UPI
 

3 ans de formation. Lors du premier cycle, on repère les capacités de chacun. Le second cycle, sur deux ans, permet au jeune de suivre une formation de type CAP, en fonction de son projet personnel, aux Lombards, qui travaille en partenariat avec Gabriel-Voisin et Édouard-Herriot. La prise en charge de la scolarité est alors partagée. Mais malgré l'immersion en classe, les jeunes bénéficient d'un suivi régulier avec leur coordinateur.
Les équipes pédagogiques, les partenaires, le jeune et sa famille se rencontrent régulièrement afin d'adapter le projet personnalisé de scolarisation en fonction des aspirations de l'élève et de ses possibilités.
Les UPI permettent aussi de leur faire bénéficier de meilleures conditions d'accompagnement rééducatif ou thérapeutique par la signature de conventions entre l'établissement scolaire d'accueil et les services spécialisés intervenants.

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Publié dans education handicap

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