La fonction publique gère le handicap

Publié le par octapeh

A la suite d'un accident de travail, Philippe Lahore a dû abandonner son métier de chauffeur-mécanicien pour devenir télé-conseiller : « Je ne pouvais plus monter dans le camion, m'accroupir, rester assis trop longtemps... », témoignait-il, hier, lors d'un colloque sur l'emploi des travailleurs handicapés dans la fonction publique. Après deux ans de démarches et une formation, il s'est fait reconnaître travailleur handicapé et a intégré la Caisse des dépôts et consignations grâce à deux lois : la première de 2005 qui dispense de concours les travailleurs handicapés, titularisés au bout d'un an, et la seconde de 2006 qui impose un taux de travailleurs handicapés de 6 % dans la fonction publique. A ce jour, la moyenne française oscille entre 3,5 % et 4 % (contre 4,2 % dans le privé).

Un « bon » chiffre qui s'explique par le fait que certaines tâches sont invalidantes et qu'au vu de l'obligation d'emploi, les structures publiques ont depuis longtemps réfléchi au reclassement afin que le poste soit adapté à la personne. « Dans le privé, 80 % des cas de maladies invalidantes aboutissent à un licenciement », souligne Patrick Hermel, délégué régional du Fond d'insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP). L'hôpital de Blaye est régulièrement confronté à ce problème puisqu'en 2008, 10 personnes ont dû être arrêtées pour cette raison. Il souhaite d'ailleurs signer une convention avec le FIPHFP afin d'être conseillé en matière de reclassement. La démarche de recrutement n'est donc pas encore d'actualité. A l'inverse, le conseil général fait preuve d'une politique volontariste. Patrick Aichouba qui est en fauteuil roulant en est un bon exemple, puisqu'en 2000, il a été recruté pour un poste nécessitant des déplacements dans des communes. « Je ne m'y attendais pas, témoigne-t-il, ça a permis à certaines mairies de prendre conscience du manque d'aménagement. »

Mais les handicaps les plus visibles ne sont pas les plus fréquents puisque seuls 13 % des travailleurs handicapés ont un fauteuil, une canne, une prothèse auditive... Pour Philippe, et quatre autres de ses collègues dans le même cas sur les 63 que compte son service, il fallait juste un fauteuil qui se règle et la possibilité de se déplacer en travaillant. Pour le reste, tous les salariés sont soumis au même rythme.

Orianne Dupont
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