Intérim : rationalisation accrue chez Cari

Publié le par octapeh

La forte croissance de Cari dans ses différents métiers a été accompagnée, sur le plan des ressources humaines, par une gestion attentive du travail temporaire. Le groupe a notamment resserré son éventail de prestataires dans ce domaine.

Avec 2 400 personnes en France, et un positionnement double dans les travaux publics comme dans le bâtiment, le groupe Cari vient de traverser une croissance plus soutenue encore que la moyenne du secteur de la construction. Ici aussi, du fait de la pyramide des âges, il a fallu mettre en place les moyens nécessaires au remplacement des salariés partant à la retraite et rechercher des candidats motivés sur des métiers qui présentent actuellement en France un déficit d‘image. « Le groupe s’est fixé une limite de 20 % de ses recrutements annuels en intérim qu’il ne souhaite pas dépasser » souligne la directrice responsable des ressources humaines, Nathalie Malan-Manigne. Un tel seuil, valable au niveau national, étant ensuite « décliné de façon variable dans les différentes régions, en fonction de la nature des besoins de main-d’œuvre et du déficit du marché local de l’emploi ».

Sélectionner les agences d’intérim

Il y a deux ans environ, Cari a souhaité rationaliser ses relations avec les prestataires du travail temporaire. « À ce jour, nous travaillons avec 4 ou 5 sociétés au niveau national, les autres étant sélectionnées au plus près du terrain. Nous sommes passés ainsi de 100 à 300 fournisseurs, de 2006 à 2007, et de 30 à 20, de 2007 à 2008. La sélection s’est faite en partie naturellement : nous avons simplement conservé les agences avec lesquelles nous avions des contrats réguliers, en écartant celles auxquelles nous n’avions recours que de façon très occasionnelle ».
Des critères de performance ont été passés en revue, « dont la fiabilité dans l‘affectation des intérimaires, le respect des règles de sécurité et leur capacité à gérer de façon optimale le dossier tripartite qui lie le salarié en intérim, l’agence et l’entreprise ». Un point important aussi a été « la manière dont le prestataire respecte le fonctionnement propre au groupe : chez nous par exemple, un chantier ne peut commander un intérimaire sans que cela passe par l’une de nos chargées d'administration du personnel en agence ».

Féminiser les effectifs

Cari s’est engagée dans des actions tendant à féminiser les effectifs, y compris sur chantier et dans des emplois d’exécution, tout en donnant leur chance à des jeunes éloignés du monde du travail, une façon aussi de répondre à la pénurie de compétences dans certains métiers. Ici aussi, l’apport du travail temporaire a été important. « Nous avons bénéficié dans notre démarche de l’appui de tous les partenaires du réseau de l’emploi en France, de l’agence pour l’emploi aux missions locales. Nous avons également bénéficié ici du soutien d’Adia (intérim) au niveau national en 2007 et avons reconduit ces actions de prérecrutement assorties de formations, mais cette fois dans les régions demandeuses uniquement, en 2008 ». Les femmes ou les jeunes recrutés dans ce cadre par Cari se voient proposer un premier contrat de deux mois en intérim, qui vaut période d’essai et sont ensuite embauchés en CDI.
Si certaines agences d’intérim se sont positionnées aussi sur la mise à disposition dans des postes qui leur conviennent, de salariés présentant un handicap, sur ce point, actuellement, Cari travaille avec des associations. « Nous n’avons pas encore sollicité le travail temporaire sur de tels dossiers ».
Pour 2009, là où certains économistes dressent un tableau assez sombre, le groupe Cari prévoit de maintenir le volume de contrats confiés aux entreprises de travail temporaire : « Nos besoins devraient à nouveau s’établir aux environs de 200 à 300 équivalents temps plein recrutés ainsi ».


Ne pas relâcher les efforts en 2009

La crise financière a fini par toucher une valeur refuge qu'est la pierre; après des années d'euphorie, la conjoncture marque le pas dans la construction. En témoigne notamment la diminution de 11 % des emplois intérimaires en France de janvier à août 2008, qui n'épargne pas la construction. C'est ainsi que l'emploi intérimaire, en août, chutait de 7,2 %. Après Adecco France, qui a présenté un plan de réorganisation, accompagné de 900 suppressions nettes d'emploi en 2009, Manpower devait réunir, le 14 novembre, un comité central d'entreprise. Au deuxième trimestre 2008, selon l'ANPE, le secteur de la construction a continué à créer des emplois, au rythme de + 0,3 %, contre + 0,8 % au premier trimestre. De son côté, le président de la FNTP, Patrick Bernasconi, a souligné que, si les perspectives pour 2009 sont en repli de façon générale, les grands projets en cours (dans le domaine de l'eau ou liés à la rénovation urbaine notamment) et les projets issus du récent Grenelle de l'environnement contribueront à soutenir l'activité. Plus que jamais, a-t-il indiqué lors d'un entretien téléphonique sur les ondes en octobre, dans le cadre de l'opération "les rendez-vous des travaux publics", les entreprises ont besoin de recruter et de former les jeunes à leurs métiers. Il a aussi invité les collectivités locales à ne pas relâcher leurs efforts d'équipement et à ne pas différer leurs projets d'aménagement.


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Publié dans Emploi

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