Le sort des agents handicapés fait débat

Publié le par octapeh

Les employeurs publics ont l'obligation, d'ici 2010, d'employer 6 % d'agents handicapés. Sinon, gare à l'amende.

La loi du 11 février 2005 devait permettre l'égalité des droits et des chances entre tous les travailleurs, y compris ceux atteints d'un handicap. Pour favoriser l'emploi de ces derniers, le Fonds d'insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP) avait été créé, financé par les différents employeurs publics qui n'atteignent pas un taux minimal obligatoire de 6 % d'agents handicapés.

 

Mais depuis deux ans, l'Éducation nationale bénéficie d'une mesure de déduction de la contribution au FIPHFP. « En 2007, ce ministère a été exonéré de la totalité de sa contribution au fonds, privant le FIPHFP de 19 millions d'euros, s'indigne Émile Pichon, membre titulaire au comité régional du FIPHFP, représentant la CFDT. Pour 2008, cette contribution aurait dû s'élever à 90 millions d'euros ! »

La mission du FIPHFP est d'améliorer le recrutement et l'insertion d'agents handicapés dans la fonction publique. « L'Éducation nationale, premier employeur de l'État, est un mauvais élève en matière d'emploi de travailleurs handicapés, ajoute Émile Pichon. Celui-ci note que le Conseil général de la Manche fait preuve d'un « manque de volonté pour se mettre aux normes ». En effet, le taux départemental est inférieur au taux régional : 3,07 % contre 3,75 % au 1er janvier 2007).

Au contraire, la Ville d'Equerdreville montre l'exemple avec un taux de 6 % quasiment atteint, elle n'aura donc plus à cotiser au Fonds. « Dans le département, plus de 80 % des collectivités publiques ne respectent pas ce taux. Les collectivités doivent savoir que le FIPHFP les aide financièrement à aménager le poste des travailleurs handicapés. »

Pourtant la CFDT cite en exemple la mairie de Siouville qui n'a pas accepté le retour au travail d'un employé reconnu Cotorep. « On avait presque trouvé un accord pour aménager son poste. » Le handicap est un sujet sensible, les mentalités doivent encore évoluer.

 

N.L.
Ouest-France
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