« Jamais dans les critères »

Publié le par octapeh

En situation de handicap, Michèle a des difficultés à se faire une place sur le marché de l'emploi.

Il n'y a pas de travail pour les gens valides alors imaginez pour les handicapés ! ». Michèle est paraplégique depuis l'âge de 15 ans. Elle a deux enfants, dont l'un est déficient mental, et vit avec l'allocation adulte handicapé de 629 € par mois. Dynamique et n'ayant jamais accepté son handicap, Michèle a toujours souhaité travailler au même titre qu'une personne valide. « Ça aide de travailler. Ça te permet d'avoir une vie sociale et tes enfants sont plus fiers de toi ! », s'exclame t-elle.

 

Handicap : facteur de discrimination

Michèle a postulé au centre de tri de la poste, à l'usine Waterman, dans une usine d'emballage, mais à chaque fois c'est la même histoire : les outils de travail ne sont pas adaptés ou les durées trop longues pour que son dos puisse le supporter. Parfois même, l'entreprise n'embauche pas de personnes en situation de handicap. « Les patrons préfèrent payer des amendes que d'embaucher des handicapés ! », proteste Michèle. 40 % des entreprises de plus de vingt salariés présentes en Loire-Atlantique dérogent à la loi1. Cette dernière prévoit qu'une société de plus de vingt salariés se doit d'embaucher au moins 6 % d'individus en situation de handicap. Seulement voilà, 19 % de personnes handicapées qui peuvent travailler, telle que Michèle, seraient au chômage. Le handicap est le premier facteur de discrimination à l'embauche à égalité avec la discrimination raciale. Un handicapé a quinze fois moins de chance d'obtenir un entretien qu'un valide2.

« Je ne rentre jamais dans les critères »

Si Michèle semble être une femme remplie d'énergie et de volonté, elle est découragée par le marché de l'emploi. « Je ne rentre jamais dans les critères », déclare t-elle. Son infirmité lui permet de travailler seulement à mi-temps et nécessite une réorganisation totale de son quotidien : transport, aides à domicile, garde d'enfants, etc. Cela signifie des frais en plus et si elle travaille, elle perd l'allocation adulte handicapé. Des milliers de personnes en situation de handicap vivent dans les mêmes conditions que Michèle. Leur vie est en marge d'une société où « faire sa place » est un chemin couvert d'embûches.

Pauline Huaumé

1 D'après une étude de l'agence du fond pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées.

2 D'après une étude de l'Observatoire des discriminations

« Ils préfèrent payer des amendes que d'embaucher des handicapés ! »

 

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Publié dans Témoignages

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