Les contrats aidés des écoles se rebiffent
Ce sont pour beaucoup des femmes. Elles travaillent dans les écoles primaires depuis trois ans, à raison de vingt ou vingt-six heures par semaine, aident la direction pour les tâches administratives, la vie scolaire, épaulent les professeurs dans les classes et lors des sorties et peuvent accompagner des enfants handicapés… Fin juin, la plupart ne retourneront pas à l’école à la rentrée.
Leur contrat d’accompagnement à l’emploi (CAE), ils sont 365 sur le département, ou bien leur contrat d’avenir (CAV), censés faciliter l’insertion sociale et professionnelle, arrivent à échéance et ne seront pas renouvelés, laissant la place à d’autres personnes avec un type de contrat similaire. La problématique est nationale.
Application des textes statutaires
Hier, 25 personnes, dont quelques directeurs d’école, ont assisté à une réunion organisée à la maison des syndicats de Créteil par le syndicat enseignant Snudi-FO. Objectif : faire le point sur leur situation et demander que ces contrats précaires soient réemployés ou embauchés statutairement dans l’Education nationale. « Je gagne 808 € par mois, explique l’une des personnes concernées. Si je n’ai plus cette somme, comment vais-je faire pour payer mon loyer ?
»
ThierryAudin,membre du bureau du Snudi-FO du Val-de-Marne n’est guère rassurant : « Concrètement, toutes ces personnes vont se retrouver au chômage, explique-t-il. Des formations étaient censées leur être proposées pendant les trois ans, mais elles n’ont pour la plupart eu le droit qu’à des remises à niveau en français et en maths. » C’est le cas de Marie-Héléna : « J’aurais aimé avoir une vraie formation, pourquoi pas dans la petite enfance. Ils ont besoin de nous ! » Une directrice d’école à Alfortville confirme : « J’ai huit classes avec un quart de décharge. La personne qui m’aide dans les tâches administratives m’est précieuse ! » Le sentiment de gâchis est immense.
De son côté, l’inspecteur d’académie, Didier Jouault, qui a reçu hier une délégation, avance qu’il ne fait « qu’appliquer les textes statutaires » : « On ne remet pas en cause le travail qui est fait. D’autres personnes vont arriver pour remplir les mêmes tâches. La rotation existe aussi chez les professeurs et ça n’est pas pour autant que les équipes sont désorganisées. » Selon lui, huit contrats qui travaillaient à l’inspection académique ont suivi une formation et sont embauchés comme emplois administratifs. Pour ceux qui n’ont pas eu cette chance, c’est au Pôle emploi de les suivre. L’inspection est censée, avec ce dernier, « trouver le maximum de solutions individuelles » pour les personnes âgées de plus de 50 ans.