« Une population frappée de plein fouet par la crise »TANGUY DU CHÉNÉ - PRÉSIDENT DE L'AGEFIPH

Publié le par octapeh

En 2008, l'Agefiph a enregistré une baisse de ses contributions et une hausse de ses prestations. Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ?

C'est une très bonne nouvelle car les deux éléments sont liés. Plus nos interventions sont importantes, plus il y a de maintien et d'insertion de personnes handicapées dans l'emploi. L'objectif de l'Agefiph, au fond, c'est de disparaître le plus vite possible...

La crise ne va-t-elle pas balayer ces efforts ?

Les personnes handicapées sont frappées de plein fouet : les sorties du chômage pour reprises d'emploi ont chuté de 25 % au premier trimestre de 2009 par rapport à un an auparavant, contre une baisse de 21 % pour les personnes valides. Mais un chiffre est porteur d'espoir : les inscriptions de personnes handicapées à Pôle emploi à la suite d'un licenciement n'ont, elles, augmenté que de 1 % quand celles des valides ont progressé de 14 %.

Comment expliquez-vous cela ?

Les entreprises qui emploient déjà des personnes handicapées savent qu'elles ont intérêt à les garder, car en recruter n'est pas toujours facile. Sur beaucoup de postes, il y a une pénurie de candidatures. Le niveau de qualification dans cette population est en effet plus faible que la moyenne. 80 % ont au maximum un CAP ou un BEP contre 60 % chez les personnes valides.

D'où la croissance de votre budget de formation...

C'est une priorité si on veut améliorer l'insertion des travailleurs handicapés dans le monde du travail. Depuis deux ou trois ans, nous développons des formations ciblées sur les besoins des entreprises par bassin d'emploi. A travers le plan de soutien lancé dès l'automne, nous allons plus loin. Depuis le 1er janvier, les entreprises qui souhaitent embaucher leur premier salarié handicapé ont droit à un forfait de 2.000 euros pour financer 140 heures au minimum de formation d'adaptation au poste. Nous agissons aussi pour aider au maintien dans l'emploi des salariés qui deviennent handicapés. Mais nous sommes confrontés sur ce point à une difficulté : ils ont souvent peur de parler par crainte de perdre leur emploi, alors que les chiffres que j'ai évoqués plus haut montreraient plutôt le contraire.

Il reste environ 23.000 entreprises à « quota zéro », c'est-à-dire qui n'ont rien fait pour l'emploi des handicapés. Pensez-vous réussir à les convaincre avant l'entrée en vigueur de la surpénalité, le 1er janvier 2010 ?

D'ici à la fin de l'année, toutes les entreprises à « quota zéro » auront reçu la visite d'un prestataire de l'Agefiph. Elles disposeront d'un mini-diagnostic de la situation et des propositions de mesures à mettre en oeuvre pour éviter la surpénalité. Mais l'heure est plutôt à la réduction d'effectifs, ce qui rend la mise en conformité avec la loi très difficile.

Pensez-vous qu'il faille donc reculer l'entrée en vigueur de la surpénalité ?

Ce n'est pas à l'Agefiph mais à l'Etat de répondre à cette question.

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Publié dans société

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