Une classe pour aller à l'école comme les autres malgré un handicap
ickaël, regard bleu malicieux... Ils ont entre 8 et 12 ans. Des enfants comme les autres. Mais qui présentent des troubles des fonctions cognitives. Orientés après la maternelle, le CP, le CE1, un enseignement spécialisé, en classe d'intégration scolaire (CLIS), leur permet de rester au sein de l'école. La communauté urbaine d'Arras compte quatre CLIS. L'école La-Fontaine d'Arras en accueillera une cinquième dès la rentrée. Tranche du quotidien de la CLIS de l'école Molière.PAR SARAH NICOLLE
arras@lavoixdunord.fr PHOTO SAMI BELLOUMI
« Jeudi 18 juin 2009 ». Au tableau, Mickaël, blondinet, trace la date du jour. La craie hésitante. Mais sans faute. Il vient d'avoir 10 ans. Assis sur le banc, Michel, 8 ans, haut comme trois pommes, balance ses baskets, les pieds à quelques centimètres du sol. Aux murs, images et mots en grosses lettres côtoient les photos des enfants. La classe CLIS de Mme Raguet est une classe comme les autres, au premier étage de l'école Molière. Ordinaire. Enfin, pas tout à fait. Julie, Rayanne, Stanislas, Douze bouts de chou, de 8 à 12 ans, apprennent à surmonter leurs difficultés. L'un est dysphasique, l'autre atteint d'une neuropathie. Tous présentent « une déficience mentale, des troubles des fonctions cognitives ». « Ils ont un handicap avéré. Et un retard scolaire de deux à trois ans », explique Sylvie Raguet, enseignante spécialisée. Pas question de les catégoriser. Ici, le handicap s'efface. « Piscine, sorties, la CLIS participe à tous les projets de l'école ». insiste Catherine Lancel, directrice. La classe est spécifiquement adaptée des effectifs réduits, une enseignante spécialisée, une auxiliaire de vie scolaire attitrée. Le mot d'ordre est l'intégration. Aujourd'hui, on révise le son "en". « Dans jambon, c'est au début ou à la fin du mot ? » Les doigts se lèvent illico. « À la fin ? » lance un gamin de 9 ans. « Faux », reprennent les autres en choeur. « Tout le monde a droit de se tromper », tranche l'enseignante. « Il faut leur redonner confiance. Ils ont été en échec. Quand ils arrivent ici, ils répondent souvent :" j'y arrive pas". À leur rythme, ils peuvent s'épanouir. Je travaille beaucoup sur le langage. Sur les bases de la lecture. » L'objectif ?
Permettre à ces enfants de rejoindre leurs camarades des classes dites ordinaires. Morgan, 10 ans, suit chaque jour, les leçons de calcul du CP. Anthony, 12 ans, les maths et l'EPS avec les CE1. Autant d'intégrations partielles, en vue d'une intégration totale. Le petit Michel pourra-t-il faire une sixième normale ? « Sans doute pas, avance l'enseignante. On ne sait jamais, mais ces enfants ont besoin d'un autre rythme. » Leur avenir ? « Beaucoup vont au collège, en unité pédagogique d'insertion, ou en section d'enseignement général ou professionnel adapté, pour préparer une formation. » Et restent dans le système scolaire, malgré le handicap. •