Formation professionnelle : l’arme anti-crise

Publié le par octapeh

Face aux plans sociaux et à l’augmentation du chômage, les parlementaires ont entamé hier l’examen d’un texte destiné à améliorer l’accès à la formation professionnelle afin de permettre aux jeunes et aux seniors de mieux « rebondir ».

« Des inégalités criantes ». C’est ainsi que Nicolas Sarkozy avait déploré en début d’année les conditions d’accès à la formation professionnelle. Porté par le chef de l’Etat qui a reçu hier à l’Elysée des jeunes en contrat en alternance et des dirigeants de grandes entreprises, le projet de loi transpose l’accord entre les partenaires sociaux du 7 janvier 2009. Il a pour objectif de mieux orienter et de mieux informer les salariés et les demandeurs d’emploi. Parmi les points essentiels, le droit individuel à la formation dont pourront désormais bénéficier les personnes licenciées pendant la première moitié de la période d’indemnisation. Le salarié qui retrouve un travail aura également la faculté d’y recourir chez son nouvel employeur pendant deux ans. Le président de la République avait lui-même déclaré : « Si vous êtes chômeur, vous avez moins d’accès à la formation que si vous avez du travail », avant d’ajouter : « Quand vous avez dépassé 45 ans, vous avez encore moins la possibilité de vous former. »

Le texte oblige donc les entreprises de plus de 50 salariés à proposer aux plus de 45 ans un bilan d’étape, sous forme d’entretien approfondi recensant leurs connaissances et aspirations. Les plus de 50 ans seront encouragés à jouer le rôle de « tuteurs », capables d’encadrer les débutants. Rejeté par les partenaires sociaux, ce bilan risque de faire débat parmi les parlementaires. Dans la même lignée, un « passeport formation » destiné à récapituler le parcours professionnel sera mis en place. Après deux ans d’ancienneté, un salarié aura droit à un « bilan d’étape », actualisé tous les cinq ans. D’autre part, le contrat de professionnalisation sera étendu aux personnes de plus de 25 ans bénéficiaires du revenu de solidarité active, de l’allocation de solidarité spécifique, de l’allocation pour les adultes handicapés, ainsi qu’aux personnes ayant bénéficié d’un contrat unique d’insertion. L’objectif est de combler « les lacunes inacceptables » actuelles, selon Nicolas Sarkozy. Un autre axe du projet de loi consistera à créer « un droit à l’information et à l’orientation ». Ainsi, des outils simples d’utilisation comme les plates-formes téléphoniques et les portails Internet seront créés et renforcés. Ils décriront le mécanisme de la formation professionnelle, recenseront l’offre de formation et dirigeront l’utilisateur vers les interlocuteurs adéquats.

Plus de 500.000 salariés concernés

En pratique, une solution a-t-elle vraiment été trouvée pour répondre au manque d’accès à la formation professionnelle ? Après plusieurs mois d’enquête par les commissions des affaires sociales et des affaires économiques, les insuffisances du système de formation, jugé complexe, sont censées avoir été ciblées. Une coopération entre l’Etat et les régions sera mise en place pour renforcer la cohérence des politiques de formation dans les régions et les bassins d’emploi. Pour Nicolas Sarkozy, il faut une « rationalisation » des fonds de la formation pour combler les inégalités budgétaires. Au final, ce projet de loi sur la formation professionnelle permettrait, selon le Conseil des ministres, de former chaque année 500.000 salariés peu qualifiés et 200.000 demandeurs d’emploi supplémentaires.

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