L'insertion : petite réflexion à entrées multiples !
De nombreuses fois dans ma pratique est venue la question de l’insertion. S’insérer quand on est en situation de handicap, de faiblesse économique, quand la Vie nous a trop bringballé pour que nous ayons acquis les bases de l’indépendance et de la responsabilisation de soi, quand on est demandeur d’asile politique ou réfugié statutaire…
La question est pertinente et forte, parfois énoncée avec un réalisme d’une rare violence. La souffrance, elle, est toujours au rendez-vous dans un déni de soi et de ses capacités largement mises à mal par une société ambivalente qui aide et cultive tout à la fois la dichotomie d’avec ses plus faibles.
Alors que faire ? comment penser, et reconsidérer, l’insertion dans une approche (plus) humaniste, digne de notre condition ?
L’expérience et mon travail quotidien en service social m’offrent une définition où l’individu est pris dans un mouvement d’adaptation sociale : ce serait le processus par lequel il s’approprie (se ré-approprie) la capacité d’avoir des échanges satisfaisants avec les différents niveaux de son environnement. On est donc dans le lien social et l’interaction directe avec la société des Humains.
Dans cette veine, je pense bien sûr à des formes d’insertion relayées assez largement par les médias, telles que l’insertion par le logement, la culture, la santé… et plus uniquement par le travail ou la formation comme cela était encore le cas il y a 10 ans.
D’un point de vue politique, la définition est autre. L’insertion se caractérise par le fait de gagner un statut fondé sur la participation de l’individu aux règles et normes sociales, ainsi que sur sa capacité à générer une ou des activité(s) productive(s) pour la Collectivité.
Cela signifie en outre qu’on peut être inséré sans pour autant être intégré. En clair, l’insertion ne sous-tend pas l’adhésion de l’individu à un projet commum, partagé par tous, l’adhésion finalement à un fonctionnement de masse.
Or nous ne somme pas "un" : je veux dire que nous pouvons revêtir plusieurs statuts, être celui qui oeuvre dans son immeuble, son quartier, auprès de son cercle d’amis et sa famille… en plus d’être citoyen et avoir une vie professionnelle. Autant de casquettes qu’il ne faut pas nécéssairement cumuler pour avoir une place, un statut social.
Vivre en société c’est faire partie d’un groupement d’êtres vivants évoluant au sein d’une structure construite et organisée. Difficile -impossible !!-aujourd’hui de vivre hors de toute structure existante et en parfaite autarcie, sans aucun échange avec un quelconque de nos semblables ! Le simple fait d’être Humain permet donc à l’indvidu d’être inséré par le fait qu’il est dans l’obligation d’être en inter-activité avec son environnement.
Parler d’insertion (ou de ré-insertion) en travail social ou socioéducatif est donc une notion à manipuler avec précaution, eu égard à ses différents niveaux de compréhension. Sachons rester humbles dans notre fonction !…
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