Seclin - Une alliance imprévue PS-Verts et droite entraîne le rejet de deux délibérations
Du jamais vu au conseil municipal de Seclin. Vendredi soir, les élus socialistes, les Verts et ceux de l'opposition se sont retrouvés pour voter contre deux délibérations présentées par le maire communiste, Bernard Debreu, mis en minorité.
À l'ordre du jour du conseil. dans une série de délibérations présentées par Jean-Rémy Vandevoorde, il y en avait trois portant sur des rémunérations pour des missions de conseil. La première en droit administratif, social et fiscal (tenue par l'ancien directeur général des services, Robert Turpain) la deuxième, en prévention de la sécurité (une nouveauté) et une troisième en conseil juridique (avec Jean-Marie Coignion).
Pour la première et troisième délibération, il nous semble qu'elles étaient déjà passées sans histoire lors de conseils précédents. Cela n'a plus été le cas. On aurait pu croire que la première salve viendrait de l'opposition. Mais non... C'est du Parti socialiste qu'elle est partie, tirée avec impatience par un nouveau conseiller municipal, Wilfried Lefebvre. Selon ce jeune homme, « confier ces fonctions à des retraités peut être interprété comme une volonté de souscrire au discours ambiant du "travailler plus pour gagner plus". Épris de solidarité, nous ne souhaitons pas entrer dans cette démarche individualiste. » Bernard Debreu implicitement accusé de soutenir la politique gouvernementale ? Le maire PC a dû apprécier. M. Lefebvre préconisa de recruter une « personne en situation de handicap » pour répondre aux « besoins de la population sur ces différentes thématiques ». Ce qui aurait pour autre bénéfice d'éviter à la commune de payer une amende parce qu'elle n'emploie pas assez de personnes handicapées.
Essayons de résumer la pensée socialiste : il faut trouver un handicapé compétent en sécurité, en droit civil, public, fiscal, social... qui accepterait de faire quelques heures de vacation.
« Vous me proposez de créer un poste pour trois missions différentes !, répondit Bernard Debreu, visiblement énervé. Et en plus, ce n'est même pas la valeur d'un poste. Quant à l'emploi des handicapés, nous l'assumons au fur et à mesure que nous pouvons. » Inutile de dire que, du côté de l'opposition, François-Xavier Cadart et ses amis buvaient du petit lait. Pour Me Cadart, qui a consulté l'Ordre des avocats auquel il appartient, le conseil juridique de M. Coignion dans la rédaction d'un bail, d'un acte de vente, par exemple, tient de « l'exercice illégal d'une profession réglementée ». Et de s'inquiéter sur les recours éventuels contre la mairie, si le conseillé s'estime mal orienté et se retourne contre la ville. « L'Ordre des avocats est ferme sur cette question et il y aura un recours éventuel », précisa Me Cadart, qui annonça que son groupe allait voter contre la première et la troisième délibération. Les Verts, pour une fois muets, ont voté comme les socialistes et l'opposition. Ce qui signifie que « la ville va devoir se passer des compétences de gens qui nous apportent des services inestimables », conclut Bernard Debreu. Avant d'annoncer : « Vous en tirerez les conséquences. Moi, j'en parlerai aux Seclinois. » •
JEAN-NOËL DEFAUT