Dunkerque - Handicompétences : 12 adultes en situation de handicap sont sur la route de l'emploi
Après huit mois de formation handicompétences au lycée professionnel de l'Île-Jeanty, douze adultes en situation de handicap sont aujourd'hui sur le chemin de l'emploi. Fruit d'un partenariat entre le service d'accompagnement en milieu ordinaire (SAMO) des Papillons blancs, le GRETA et le lycée dunkerquois, cette formation qualifiante sera reconduite l'an prochain et devrait préparer les stagiaires au CAP maintenance et hygiène des locaux.
Ils s'appellent Jean-Pierre, Annabelle, Julie, Pierre, Virginie ou Isabelle. Douze adultes en situation de handicap, déficients intellectuels, motivés par un projet professionnel dans le domaine de la maintenance et de l'hygiène des locaux, ont suivi durant huit mois la formation handicompétences, fruit d'une collaboration entre le SAMO des Papillons blancs, le GRETA et le lycée professionnel de l'Île-Jeanty. Une formation « sur mesure » pour les entreprises partenaires et les stagiaires : 600 heures de formation au lycée (« bien accueillis, ils se sont intégrés sans problème », souligne Marie Fabre, proviseur) et 300 heures en situation en entreprises. « Pas une simple immersion : les trois partenaires ont défini les compétences à acquérir à partir des besoins des entreprises », souligne Philippe Patout, conseiller en formation continue au GRETA.
L'intérêt des entreprises partenaires : remplir l'obligation légale, pour les entreprises de plus de 20 salariés équivalent temps plein d'embaucher 6 % de travailleurs handicapés. Buffalo Grill Dunkerque vient ainsi d'embaucher Virginie en CDI. « C'est intéressant pour les aides , avoue M. Popieul, manager. Nous sommes confrontés à une pénurie de main-d'oeuvre. L'intégration de Virginie a été facile. C'est une personne comme une autre, avec des compétences. »
A 47 ans, Jean-Pierre vient de décrocher un CDI chez Economos. « J'ai déjà changé de branche plusieurs fois, je suis adaptable. Ce stage m'a donné de l'assurance, malgré mes problèmes de lecture et d'écriture. Cela prouve qu'on est des personnes à part entière, avec nos défauts, nos qualités. » Passer la porte d'un établissement scolaire n'a pourtant pas été chose aisée. « Au départ, le lycée matérialisait leur échec , note Lydie Ahmed-Lemoine, directrice adjointe du SAMO. Les savoir-faire et le "savoir-être" également, si important pour l'insertion, ont été évalués. Cette formation a changé leur comportement social. A la sortie de cette formation, on a 40 % d'embauches en CDI. La déficience intellectuelle nécessite un accompagnement durable. Ce n'est qu'une étape. » Une étape que d'autres adultes devraient tenter de franchir dès la rentrée. Cette première formation a été reconnue par l'inspection d'académie qui a délivré des attestations de formation détaillant les compétences acquises, puisque le CAP maintenance et hygiène des locaux avait servi de référentiel pour la partie professionnelle. La prochaine session, reconduite à la rentrée grâce à l'AGEFIPH (association chargée de gérer le Fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées) et sans doute grâce au FIPHFP (le pendant pour la fonction publique), pourrait aller plus loin demain et préparer au diplôme. • O. T