Le difficile combat d'un Fréjusien handicapé
Paru le vendredi 27 juin 2008
Photo : Christophe Chavignaud
Jean-Christophe, infirme moteur cérébral, a vu son allocation réduite de 20 %.
Ce n'est déjà pas facile de vivre avec un handicap mais quand, en plus, l'administration se montre intransigeante, voire intolérante, sourde et aveugle, ledit handicap prend des allures de mur de Berlin. Pire, de muraille de
Chine. Infranchissable.
Témoin la mésaventure qui vient d'arriver à un Fréjusien de 43 ans, Jean-Christophe B., infirme moteur cérébral depuis l'âge de 11 ans, inscrit à l'ANPE depuis 2001 à la suite de la perte de son dernier emploi, son CDD de deux ans n'ayant pas été reconduit.
« La DDTE (Direction départementale du Travail et de l'Emploi) m'a informé qu'elle réduisait de 20 % le montant de mon allocation de solidarité spécifique pour une durée de 4 mois. Une décision qu'elle argumente par le fait que je ne pourrais justifier de l'accomplissement d'actes positifs et répétés de recherche d'emploi. »
Ni profiteur, ni assisté
En clair, cela revient à dire que l'allocation précitée (450 euros mensuels) sera amputée de 90 euros et ramenée à 360 euros. Le garçon n'a pourtant rien d'un profiteur. Ni d'un assisté d'ailleurs. Son CV en atteste. Baccalauréat G2 (+ 2), BEP Comptable mécanographe, CAP Comptabilité, permis B et voiture personnelle, spécialisation en informatique, emplois d'aide-comptable, de secrétaire polyvalent, assistant chef des travaux chez divers employeurs, le parcours de Jean-Christophe est celui du Monsieur tout-le-monde qu'il entend être.
Même s'il constate, navré « chaque fois que je réponds à une annonce, il y a toujours quelque chose qui ne va pas. Soit on me propose un temps plein que je ne peux assumer médicalement, soit les locaux de travail ne sont pas accessibles en fauteuil, soit le poste est déjà pourvu quand je me présente, sous-entendu qu'on ne désire pas d'handicapé, soit je ne reçois même pas de réponse. Vous comprendrez que je sois totalement découragé. Surtout quand j'apprends que je vais être pénalisé. J'ai même sollicité d'être entendu en commission tripartite mais je n'ai jamais été entendu ».
Et de conclure, désabusé « et dire qu'en 2015, il paraît que tout sera accessible aux handicapés et que nous serons enfin considérés comme des gens normaux ! ».
Jugulaire, jugulaire
Pour l'heure, la « normalité » se résume donc à amputer la (maigre) allocation de Jean-Christophe de 20 %. Jugulaire, jugulaire, dit le législateur. Et pan sur les doigts. Pour le reste, circulez, il n'y a rien à voir.
Souhaitons simplement que le service « Suivi de recherche d'emploi de la DDTE » se penche sur le cas de ce Fréjusien, dans sa douce mansuétude. Sinon, c'est à désespérer du genre humain. Simple avis de valide.
C. Bobo