Formation en alternance pour les jeunes handicapés : un ticket vers l'autonomie

Publié le par octapeh

|  APPRENTISSAGE |

Depuis le début de l'année, le centre de formation le CREFO propose une formation en alternance pour les jeunes placés en institut spécialisé. Menée pour le moment à titre expérimental, l'opération, qui existe déjà dans le Valenciennois, et depuis peu dans l'Avesnois, est une première dans le Cambrésis. Le dispositif gagne à être connu.

 

PAR ÉLODIE ADJOUDJ

cambrai@lavoixdunord.fr Réunis au CREFO de Cambrai, tous les acteurs de la formation en alternance proposée aux jeunes des institutions spécialisées, ont tenu à faire le point sur ce dispositif mis en place depuis peu. « On apprend en allant, explique le responsable Guy Coupez, on découvre les difficultés et on tente, en réseau, de les surmonter ».

Les jeunes de la formation, financée par l'Agefiph et les directions départementale et régionale du travail, ont été repérés au sein même des instituts spécialisés qu'ils fréquentent. « Ce sont des jeunes qui ont les capacités et le potentiel pour viser le travail en milieu ordinaire », précise la responsable de l'un d'eux. Les jeunes sont alors pris en charge par le CREFO qui leur propose une action de formation préparatoire avec des périodes d'immersion en entreprises, de toutes tailles et de tous secteurs : menuiserie, hôtellerie-restauration, grande distribution... L'objectif de cette pré-formation est double : elle permet au jeune de se confronter au monde du travail tout en permettant au CREFO de se créer un réseau d'employeurs pour placer ces jeunes handicapés. Le deuxième temps de la formation consistant, en effet, à l'obtention d'un diplôme en alternance. « Ce qui est visé, c'est l'emploi durable », explique G. Coupez.

Ce qui pour les parents, souvent soucieux de l'avenir de leur enfant handicapé, est un élément important. La maman de Maxime raconte justement sa propre expérience. « Maxime est différent depuis qu'il suit cette formation, dit-elle, et surtout il a envie de rentrer dans la vie active. » « C'est une vraie aide pour mon enfant en terme de travail, de vie sociale et d'autonomie », ajoute-t-elle. Car parfois les jeunes vivent seuls dans un logement à proximité de leur lieu de travail. G. Coupez constate d'ailleurs que « le regard des parents sur leur enfant change ». « Eux qui ont tendance à le faire vivre dans un milieu protégés découvrent ce dont il est capable. », explique-t-il.

Et du côté des employeurs, le constat est le même. « Ces jeunes veulent donner une autre image d'eux et prouver qu'ils sont capables. Ils correspondent à un besoin que nous avons vraiment. Ils apportent une plus-value à l'entreprise etont su se faire apprécier. Leur intégration ne nécessite finalement que quelques aménagements », raconte l'un d'eux.

Sur les douze jeunes qui ont déjà suivi la pré-formation, sept ont décroché un contrat en alternance et un est en négociation. Des chiffres encourageants qui méritent d'être mis en lumière. •

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