Chômeurs valides et handicapés cohabitent
FAIRE cohabiter les chômeurs valides avec ceux souffrant d’un handicap dans leurs démarches de recherche d’emploi, c’est l’expérience pilote menée par l’entreprise britannique A4 e (action pour l’emploi) implantée depuis janvier 2007 à Créteil et dans une antenne à Choisy-le-Roi. Depuis quelques jours, cette agence privée de placement de main-d’oeuvre accueille les premiers demandeurs d’emploi handicapés, grâce à un partenariat avec l’Agefiph, le fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées.
« Si l’on veut que les travailleurs handicapés soient traités comme n’importe quel autre salarié dans le monde de l’entreprise, les demandeurs d’emploi souffrant d’un handicap doivent aussi pouvoir être reçus dans cet espace, argumente Maximilien Dorostian, directeur des opérations chez A4 e . Les demandeurs d’emploi handicapés sont habituellement suivis dans des structures en fonction de leur handicap. Je souhaite, pour ma part, qu’il n’y ait pas de traitement spécifique. »
Trouver 5 600 emplois stables
Fondé en 1986 en Angleterre pour réinsérer les ouvriers licenciés de la sidérurgie, A4 e s’est implanté pour la première fois en France dans le Val-de-Marne en remportant un appel d’offres de l’Unedic qui gère l’assurance chômage en 2006. « Si l’entreprise est privée, nos donneurs d’ordre sont exclusivement publics », ajoute le responsable. Son cahier des charges : aider 5 600 chômeurs du Val-de-Marne à retrouver un emploi stable (CDI ou CDD d’une durée minimum de six mois) dans les deux ans à venir. Comment ça marche ? Les sans-emploi, inscrits depuis moins de six mois aux Assedic et ayant un risque accru de chômage de longue durée, sont orientés via l’ANPE. Sur la base du volontariat, le demandeur signe un contrat de partenariat avec l’agence : un conseiller lui est alors attribué et le binôme se met au travail.
Avant d’entamer la définition du projet professionnel, le conseiller peut être amené à accompagner le chômeur dans ses démarches pour trouver un logement ou monter un dossier de surendettement. Entre octobre 2007 et janvier 2008, 470 personnes ont trouvé un emploi grâce à ce dispositif, soit une moyenne d’une centaine de postes pourvus chaque mois à laquelle A4 e se tient jusqu’à maintenant. En novembre, l’entreprise ouvrira deux autres centres en Seine-Saint-Denis. A4 e y interviendra dans le cadre du contrat autonomie du plan Espoir banlieues, destiné à mener les jeunes des zones urbaines sensibles vers l’emploi.
Le Parisien Christine Mateus