Handicap : l’intérim fait accepter la différence
Recruter un salarié handicapé dans le BTP ? L’idée fait son chemin, sous l’effet combiné des chartes éthiques dont se dotent les grandes entreprises et des amendes perçues auprès de celles qui n’en comptent pas dans leurs effectifs. Dans le secteur du travail temporaire, le réseau Start People agit dans ce sens.
Concilier travail et handicap ? La loi en France a réaffirmé en 2005 le droit des femmes et des hommes présentant une différence ou un problème physique à gagner leur vie. « Elle a fortement augmenté le montant des amendes » explique Mathilde Petitot. Depuis un an, elle est à la tête de la mission handicap chez Start People après un début de carrière dans le secteur de l’insertion.
Une entreprise qui ne respecte pas le quota d’embauche acquitte des pénalités représentant entre 400 et 600 fois le Smic horaire, pour chacun des postes qu’elle devrait proposer à un handicapé. « Si, durant trois ans, de 2007 à 2009, elle reste au point mort, le plafond passe à 1 500 fois le Smic horaire en 2010 ». Un calcul montre que les sommes grimpent très vite. La contribution s’élève alors à 13 065 euros dans une entreprise de 20 personnes, 78 390 euros, pour 100 salariés et 143 715 pour 199 salariés.
Le réseau Start People
Le réseau de travail temporaire Start People, en signant en 2007 une convention avec l’Agefiph (association privée au service des personnes handicapées et des entreprises), a décidé d’intégrer cet enjeu. Il s’agit de proposer aux employeurs des éléments d’information sur la loi et de mettre à leur disposition un vivier de candidats. Le dispositif présente un double impact : s’il permet d’éviter les pénalités légales, il répond aux besoins du marché de l’emploi plus facilement dans certains secteurs ou métiers frappés de pénurie.
Le BTP, qui génère des accidents du travail plus nombreux que les autres secteurs, est-il adapté à cela ? La question peut se poser. « En réalité, affirme la jeune femme, la notion de handicap recouvre des situations très variées ». Une allergie à la farine ou aux produits capillaires peut constituer un handicap important dans une boulangerie ou un salon de coiffure, mais le salarié concerné peut se reconvertir ailleurs, notamment dans la construction. Autrement dit, « tout dépend des situations ». Si le travail sur un chantier présente des dangers spécifiques, la conduite d’engins est accessible à une personne malentendante. Des adaptations du poste de travail peuvent être effectuées, financées totalement ou partiellement par l’Agefiph. Il existe une infinité de situations ; le travail de l’agence est de proposer « la meilleure adéquation possible entre un poste et une compétence car les candidats handicapés que nous mettons en relation avec nos clients sont recrutés pour leur savoir-faire ».
Bilan positif
De fait, Start People affiche aujourd’hui un premier bilan positif. « Nous nous étions engagés à atteindre 161 000 heures au niveau national en 2007 et 200 000 en 2008, ces seuils ont été ou seront dépassés. De plus, l’intérim constitue un tremplin vers un emploi fixe dans 40 % des cas, pour un intérimaire qui se trouve dans ce cas, alors que la moyenne se situe plutôt autour de 20 % ». Le secret, s’il y en a un, réside dans la forte motivation des candidats, car pour accéder à l’emploi, il leur aura fallu affronter des obstacles spécifiques. À commencer par le regard de l’autre : « Le plus difficile c’est d’expliquer que le handicap n’est pas incompatible avec l’emploi ».
22 % des heures de mission d’intérimaires titulaires d’une attestation délivrée par la CDAPH (Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées qui a succédé à la Cotorep) ont été effectuées chez Start People dans le BTP en 2007 et 2008. Un premier résultat intéressant.
► Christophe Gianquito, conducteur d’engins
Christophe avait été maître chien et avait tenu un restaurant avant de travailler dans le secteur agricole. Puis ce fut l’accident. Lors d’une chute, il a reçu sur la jambe un poids supérieur à une tonne. Handicapé à 65 %, il s’est vu proposer une reconversion financée par le conseil général de l’Hérault qui lui a proposé de passer différents CACES pour accéder au métier de conducteur d’engins dans le BTP. Mais le CACES n’implique pas un recrutement pour autant, et les portes restaient fermées lorsqu’il se présentait devant les employeurs potentiels. Start People lui a mis le pied à l’étrier : « Cela fait trois mois que j’ai effectué ma première mission. Cela se passe bien, et le métier me convient dans la mesure où je ne suis pas obligé de m’enfermer dans un bureau ». Lors de notre discussion, il effectuait une mission dans une carrière. D’ici quelque temps, il lui faudra repasser sur la table d’opération. En attendant, il travaille et gagne sa vie.
Concilier travail et handicap ? La loi en France a réaffirmé en 2005 le droit des femmes et des hommes présentant une différence ou un problème physique à gagner leur vie. « Elle a fortement augmenté le montant des amendes » explique Mathilde Petitot. Depuis un an, elle est à la tête de la mission handicap chez Start People après un début de carrière dans le secteur de l’insertion.Une entreprise qui ne respecte pas le quota d’embauche acquitte des pénalités représentant entre 400 et 600 fois le Smic horaire, pour chacun des postes qu’elle devrait proposer à un handicapé. « Si, durant trois ans, de 2007 à 2009, elle reste au point mort, le plafond passe à 1 500 fois le Smic horaire en 2010 ». Un calcul montre que les sommes grimpent très vite. La contribution s’élève alors à 13 065 euros dans une entreprise de 20 personnes, 78 390 euros, pour 100 salariés et 143 715 pour 199 salariés.
Le réseau Start People
Le réseau de travail temporaire Start People, en signant en 2007 une convention avec l’Agefiph (association privée au service des personnes handicapées et des entreprises), a décidé d’intégrer cet enjeu. Il s’agit de proposer aux employeurs des éléments d’information sur la loi et de mettre à leur disposition un vivier de candidats. Le dispositif présente un double impact : s’il permet d’éviter les pénalités légales, il répond aux besoins du marché de l’emploi plus facilement dans certains secteurs ou métiers frappés de pénurie.
Le BTP, qui génère des accidents du travail plus nombreux que les autres secteurs, est-il adapté à cela ? La question peut se poser. « En réalité, affirme la jeune femme, la notion de handicap recouvre des situations très variées ». Une allergie à la farine ou aux produits capillaires peut constituer un handicap important dans une boulangerie ou un salon de coiffure, mais le salarié concerné peut se reconvertir ailleurs, notamment dans la construction. Autrement dit, « tout dépend des situations ». Si le travail sur un chantier présente des dangers spécifiques, la conduite d’engins est accessible à une personne malentendante. Des adaptations du poste de travail peuvent être effectuées, financées totalement ou partiellement par l’Agefiph. Il existe une infinité de situations ; le travail de l’agence est de proposer « la meilleure adéquation possible entre un poste et une compétence car les candidats handicapés que nous mettons en relation avec nos clients sont recrutés pour leur savoir-faire ».
Bilan positif
De fait, Start People affiche aujourd’hui un premier bilan positif. « Nous nous étions engagés à atteindre 161 000 heures au niveau national en 2007 et 200 000 en 2008, ces seuils ont été ou seront dépassés. De plus, l’intérim constitue un tremplin vers un emploi fixe dans 40 % des cas, pour un intérimaire qui se trouve dans ce cas, alors que la moyenne se situe plutôt autour de 20 % ». Le secret, s’il y en a un, réside dans la forte motivation des candidats, car pour accéder à l’emploi, il leur aura fallu affronter des obstacles spécifiques. À commencer par le regard de l’autre : « Le plus difficile c’est d’expliquer que le handicap n’est pas incompatible avec l’emploi ».
22 % des heures de mission d’intérimaires titulaires d’une attestation délivrée par la CDAPH (Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées qui a succédé à la Cotorep) ont été effectuées chez Start People dans le BTP en 2007 et 2008. Un premier résultat intéressant.
► Christophe Gianquito, conducteur d’engins
Christophe avait été maître chien et avait tenu un restaurant avant de travailler dans le secteur agricole. Puis ce fut l’accident. Lors d’une chute, il a reçu sur la jambe un poids supérieur à une tonne. Handicapé à 65 %, il s’est vu proposer une reconversion financée par le conseil général de l’Hérault qui lui a proposé de passer différents CACES pour accéder au métier de conducteur d’engins dans le BTP. Mais le CACES n’implique pas un recrutement pour autant, et les portes restaient fermées lorsqu’il se présentait devant les employeurs potentiels. Start People lui a mis le pied à l’étrier : « Cela fait trois mois que j’ai effectué ma première mission. Cela se passe bien, et le métier me convient dans la mesure où je ne suis pas obligé de m’enfermer dans un bureau ». Lors de notre discussion, il effectuait une mission dans une carrière. D’ici quelque temps, il lui faudra repasser sur la table d’opération. En attendant, il travaille et gagne sa vie.
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