Au collège Saint-Louis, tout est prévu pour l'accueil d'enfants dyslexiques
Il y a un an, Jean-Pierre Crokaert coordinateur de l'ensemble scolaire privé Saint-Louis Sainte-Anne de Saint-Pol et directeur du collège annonçait son souhait de développer l'accueil des enfants dyslexiques. Aujourd'hui, il explique la façon dont se met en place cet accueil.
PROPOS RECUEILLISPAR JORY IDKOWIAK
saintpol@lavoixdunord.fr > Comment est venu ce souhait de mieux accueillir les enfants dyslexiques ?
« Au départ j'y étais sensibilisé car on le faisait dans mon précédent établissement. On est parfois confronté à des élèves dyslexiques dans les classes, et bien souvent on est désemparé, sans solution. Je voulais donc donner aux enseignants davantage d'outils pour aider ces élèves. » > Comment vous y êtes vous pris ?
« Déjà nous avons eu deux journées d'information et de formation. Une demi-journée le 21 avril, sur les "dys" en général, (dysphasie, dyscalculie, dysorthographie, etc.), mais où l'accent a été mis sur la dyslexie. Le 6 et 7 novembre, on a eu deux jours de formation par un orthophoniste qui nous a réexpliqué ce qu'était la dyslexie, et nous a donné des pistes de travail avec les élèves touchés. » > Ça a changé votre manière de travailler ?
« Avant les dyslexiques étaient facilement étiquetés comme des fainéants car ils n'étaient pas identifiés. Maintenant on demande aux parents un bilan médical. On ne devient pas dyslexique, on naît dyslexique, c'est génétique. Mais plus tôt la dyslexie est détectée, meilleure sera la progression de l'enfant. Dans la détection, le plus gros du travail doit être mené avec les enseignants du primaire : la dyslexie est un dysfonctionnement de la lecture, on le détecte lorsqu'apparaissent des soucis de lecture en CP, CE1 ou CE2. On essaye d'abord de voir si autre chose ne peut pas expliquer ce souci : des problèmes sociaux importants ou un handicap physiologique par exemple. Si ces problématiques sont absentes et que l'élève a des difficultés de lecture, alors c'est qu'il est dyslexique. On peut agir au niveau de l'accompagnement de l'enfant, le traitement est du ressort de l'orthophoniste.
> Quels outils avez-vous mis en place ?
« Par exemple, quand on présente un texte il est important de prévoir que la taille des caractères soit plus grande, que les mots soient bien détachés. On va proposer des outils plus de verbal que d'écrit en évaluation et essayer de verbaliser. Par exemple, en maths, moi je fais la craie, l'élève fait la voix. On peut les aider à lire à leur place : pour un exercice leur lire l'énoncé pour les aider à démarrer. » > Comment ça se passe avec les autres élèves ?
« Quand on devient facilitant pour les élèves avec un handicap, on devient hyper facilitant pour les élèves qui n'en ont pas. Il ne faut pas croire qu'on travaille avec des dyslexiques au détriment des autres, mais bien se rendre compte, qu'au contraire, comme on fait des efforts particuliers envers eux, tout le monde va en profiter. » •