Quelle place pour les travailleurs handicapés ?
Les entreprises de plus de vingt salariés doivent employer des personnes handicapées. Mais les candidats n'ont pas toujours le profil adapté à l'emploi. Exemple à DCNS.
Le code du travail indique : « Tout employeur, public ou privé occupant au moins 20 agents à temps plein ou leur équivalent est tenu d'employer des personnes handicapées dans la proportion de 6 % de l'effectif total. » S'il n'atteint pas ce seuil, il doit payer une contribution à l'Association de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph). Pour chaque personne handicapée manquante, la contribution annuelle peut s'élever jusqu'à 600 fois le Smic horaire, pour un effectif supérieur à 750 salariés.
Salariés handicapés à DCNS
DCNS emploie 1 840 personnes sur son site de Lorient dont 43 ont le statut de travailleur handicapé. L'entreprise n'atteint donc pas les 6 % requis par la loi. « Peu d'entreprises atteignent ces 6 %. Les candidatures de travailleurs handicapés sont rares. Et il est difficile de trouver des profils adaptés », indique Pierre Mayret, directeur des ressources humaines chez DCNS.
Jeunes et diplômés
Les diplômés handicapés sont peu nombreux. Un partenariat a été signé par DCNS avec deux grandes écoles d'ingénierie : l'Ensieta de Brest et l'Icam (ex-IST) de Vannes. En lien avec l'association Handisup, le but est de permettre à de jeunes étudiants de niveau bac + 2 d'intégrer ces écoles d'ingénieurs pour atteindre le niveau bac + 5, via un contrat d'apprentissage. La cible : des étudiants handicapés en BTS et IUT.
Un coup de pouce
Une campagne de communication a été lancée dans les IUT et BTS de l'Ouest, de Saint-Lô à Nantes. L'entremise de l'entreprise est un coup de pouce pour le candidat à ces écoles. Mais « il ne s'agit pas d'un diplôme au rabais. La sélection pour ces grandes écoles est la même que pour les candidats valides ».
Des besoins
DCNS espère pouvoir recruter deux apprentis ingénieurs. Un objectif bas mais qui se veut réaliste. « L'année dernière, nous avions tenté l'expérience, mais elle n'a pas abouti », regrette Pierre-Yves Métou, responsable ressources humaines.
À terme, l'entreprise voudrait intégrer une cinquantaine d'employés handicapés en ingénierie, mécanique, logistique, fabrication, chaudronnerie...