EMPLOI - Pas de travail pour les jeunes, mais un nouveau plan

Publié le par octapeh

La France est l’un des plus mauvais élève de l’union européenne en matière d’emploi des jeunes. Nicolas Sarkozy qui vient d’annoncer son plan d’urgence pour les moins de 25 ans, l’a bien compris. A gauche, alors que le 1er mai et son cortège de défilés approche, on estime que ces mesures sont nécessaires mais insuffisantes

Graphique AFP - Les jeunes sont les premiers touchés par le chômage

Difficultés à trouver une première embauche, précarité des contrats, entreprises usant et abusant des stages, sous-qualification ou surqualification… Nombreux sont les handicaps qui empêchent les jeunes d’accéder au statut d’actif. Avec la récession économique, les entreprises n’ont pas renouvelé les CDD, le principal outil de l’embauche des jeunes. Le taux de chômage des 15-24 ans a donc atteint les 20,4% en décembre 2008, selon l'INSEE, une augmentation de 32 % en un an. Martin Hirsch, le Haut commissaire à la jeunesse et auteur du plan d’urgence présenté par Nicolas Sarkozy, craint de battre un record peu glorieux cette année avec 650.000 jeunes chômeurs. L'objectif du plan est donc d'aider 500.000 jeunes, d'ici juin 2010, à trouver un emploi ou une formation. Ces mesures seront financées par l'Etat, via le Fonds d'investissement social (FISO), à hauteur de 1.3 milliards pour 2009.

L’alternance, pivot de l’emploi des jeunes
Le plan présente trois grands axes:
- aide aux contrats d’apprentissage et de professionnalisation qui seront conclus d’ici au 30 juin 2010, en baisse de 25 à 30% depuis janvier (430.000 contrats en 2008) en supprimant les charges sociales. C’est la mesure phare de ce plan.
- aide aux contrats aidés censés amener une première expérience professionnelle avec le doublement à 100.000 du nombre de Contrats Initiative Emploi (CIE), actuellement subventionnés par l'Etat, destiné à favoriser l'embauche des personnes les plus en difficultés.
- agir sur la rémunération des stagiaires, qui devraient percevoir une gratification d’au moins 398 euros mensuels dès le deuxième mois (contre trois actuellement). De plus, les entreprises qui embaucheront en CDI avant fin septembre, un jeune en stage avant le 24 avril, recevront une prime de 3.000 euros. 

"Contrat passerelle", un air de déjà-vu
Nicolas Sarkozy annonce aussi une nouveauté qui n’en est pas une, le lancement d’un "contrat passerelle" pour les jeunes. Ce contrat reprend l’actuel d’accompagnement dans l’emploi (CAE), financé par l’Etat, qui permet de conclure pour six mois à deux ans un contrat dans les collectivités, services publics ou associations. Jusqu’alors réservé aux jeunes en difficulté d’insertion, ce contrat sera ouvert à tous. On retourne ainsi très prés des emplois jeunes de Martine Aubry entre 1998 et 2002. Pour les autres jeunes, l'Etat en appelle aux régions pour la mise en place de stages de formation aux métiers d’avenir.

Un plan insuffisant pour la gauche
L’extension du Revenu de Solidarité Active (RSA) pour les moins de 25 ans demandée par les syndicats, et notamment la CFDT, n'a pas été évoquée. Les syndicats ainsi que le PS, bien que jugeant les mesures prises nécessaires restent sceptiques sur la capacité de ce plan à diminuer durablement le chômage des jeunes. "Ces mesures conjoncturelles ne doivent pas faire oublier que le chômage des jeunes n'est pas né de la crise” affirme la CFDT, résumant l’opinion générale à gauche. Les organisations syndicales patronales, Upa et Medef, quant à elles, se félicitent du choix de l’alternance comme clé de la réussite.
Laetitia Gueugnon (www.lepetitjournal.com) mardi 28 avril 2009
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Publié dans Emploi

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