Didier, travailleur handicapé, efficace et intégré

Publié le par octapeh

Didier Chevalier vient tout juste de décrocher son CDI à la Socodei. Ce qui, mine de rien, est un événement. Car Didier Chevalier souffre de handicap mental.
Il est entré dans l'entreprise en 2004, dans le cadre d'un contrat avec l'Esat (établissement de service d'aide par le travail, ancien CAT) Véronique de Bagnols.
Pendant les cinq dernières années, il a vécu comme une « longue période d'essai, pour lui mais aussi pour le reste du personnel », se souvient Pierre Estellon, son tuteur au sein de la Socodei.
Travailler avec des handicapés, une initiative qui fait peur à de nombreuses entreprises. Alors, comment la Socodei a-t-elle franchi le pas ? « Je connaissais le directeur de l'Esat, et j'avais envie de tenter le coup », raconte Jean-Luc Braunschweig-Klein, le directeur administratif et financier.
Forcément, au début, certaines contraintes apparaissent. Il faut s'adapter, créer une organisation qui convienne à Didier. Et au final, c'est une bonne surprise. « Son travail consiste à trier les déchets. Il le fait de manière irréprochable, on ne soupçonnait pas qu'il prendrait du plaisir dans son travail », glisse Pierre Estellon. « Ce travail m'a fait grandir », confirme Didier, visiblement épanoui.
Au début, l'intégration n'était pas forcément évidente avec le reste du personnel. « Depuis, Didier s'est bien intégré, il a beaucoup d'humour », se réjouit Pierre Estellon. Un tuteur ravi du chemin parcouru et qui constate un véritable « accomplissement par le travail » chez son poulain.
Une première expérience réussie qui a ouvert la porte à une seconde. Depuis le début du mois d'avril, la Socodei accueille ainsi sept personnes de l'Esat Véronique. « C'est certain qu'autant d'un coup, c'est du travail, mais on est aidé par leur éducateur qui vient sur place ».
Une démarche encadrée qui rassure l'employeur. Sur des contrats d'une trentaine d'heures par semaine, ces jeunes adultes, qui vivent parfois seuls, ou en famille ou foyer, viennent en bus tous les matins.
Bilan pour l'entreprise ? « Au départ, on s'est engagé dans ces démarches en grande partie pour notre image. Mais en fin de compte, on en retire beaucoup », assure Jean-Luc Braunschweig-Klein. Quant à Didier, il est autonome, vit seul, vient en scooter, et son tuteur regorge de projets pour lui.

Juliette ROULEAUX
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Publié dans Témoignages

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