RSA : qui pourra en bénéficier ?

Publié le par octapeh

Le revenu de solidarité active est entré en vigueur hier. Que va-t-il changer pour Marion, Betty, Loïc et les autres ?

Entré en vigueur hier, le Revenu de solidarité active devrait concerner les 56 500 allocataires du Revenu minimum d'insertion ou de l'Allocation parent isolé. Mais pas seulement. Employés à temps partiel, smicards, intérimaires… Du RMI au RSA, qu'est ce qui va changer concrètement dans la vie des ayants-droit ? Marion, Loïc, Betty et les autres témoignent.

Marion, 27 ans, touche le RMI depuis trois ans. Pour cette animatrice culturelle à temps partiel (30h par mois), le passage au RSA est automatique. Ce qu'elle retient du nouveau dispositif, c'est « la possibilité de cumuler un nouvel emploi et un complément de revenu... un bon principe pour remettre les gens au boulot, admet-elle. Mais il n'y a pas que l'aspect financier qui freine le retour à l'emploi. Il faut voir les propositions faites aux RMistes dans le cadre de leur suivi personnalisé. On veut nous caser à tout prix, même si l'offre ne correspond pas à notre profil, ou s'il s'agit d'un temps partiel alors que nous recherchons un temps plein. Jusqu'à présent, avoir un SMIC et tous les « avantages du pauvre » en moins (aides au logement, gratuité des transports, couverture maladie universelle et autres tarifs réduits), n'aurait pas amélioré mon niveau de vie. »

Cela fait trois ans que Betty, 28 ans, n'a officiellement plus d'emploi. Ses indemnités chômage ont pris fin voilà un an et demi, alors que son conjoint démarrait une création d'entreprise. Malgré un revenu d'activité néant pour le couple, Betty n'a pas eu droit au RMI. « L'assistante sociale a classé mon conjoint dans la case « gérant non-salarié » et malgré les preuves que sa société n'engendrait encore aucun bénéfice, j'ai été débouté. On m'a rétorqué que j'aurai dû faire la demande de RMI avant la création, alors que je touchais encore mon chômage ! Seule solution pour assumer notre loyer : trouver un CDD à temps plein - mais ça ne court pas les rues dans le commerce, ou travailler au noir pour ne pas perdre une partie indispensable de notre aide au logement. »

Loïc, 27 ans, n'avait pas droit au RMI, là aussi en raison des revenus de sa concubine. Musicien, il « ajoutait sa part de beurre aux épinards » en distribuant des prospectus 6 heures par semaine pour 250 € par mois. Après simulation, il apparaît que Loïc pourrait percevoir 575 € de RSA en complément de son « petit boulot » et de ses aides au logement (300 €). Agréablement surpris, Loïc n'en est pas moins méfiant : « De l'argent sans se battre ? Je reste perplexe ! »

Kamel, 33 ans, intérimaire « polyvalent » - comme il se définit lui-même pour expliquer qu'il s'adapte au marché, se disait « intéressé » par le RSA sans en connaître la teneur. Il a fait la simulation sur la base de ses trois derniers mois d'activités « fluctuantes » et a appris qu'il pourrait toucher «400 € en plus de ses 3 100 € de salaire... Que du bonheur », résume-t-il.

Smicards, intérimaires, temps partiels, Rmistes avec ou sans emploi : tentez votre chance et faites une simulation en ligne (www.rsa.gouv.fr) ou appelez le 39 39.


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Publié dans politique

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